Donner son sang peut sauver de nombreuses vies, mais cette ressource rare et fragile possède nombreuses contraintes de compatibilité et de stockage. Certains chercheurs essayent de créer du sang artificiel, mais surtout universel, afin de compenser ce manque de véritable sang.

Le système de compatibilité sanguine

Les globules rouges (également appelés érythrocytes) sont très importants pour transporter l’oxygène et éliminer le dioxyde de carbone de notre corps. Ils sont fabriqués dans la moelle osseuse et ont une durée de vie de 120 jours. Ces érythrocytes sont caractérisés par la présence ou non d’antigènes à leur surface. Les deux principaux, A et B, ont permis de définir les quatre principaux groupes sanguins :

  • Le groupe A possède des antigènes A ;
  • Le groupe B possède des antigènes B ;
  • Le groupe AB possède des antigènes A et B ;
  • Le groupe O ne possède aucun antigène A ou B.

Le sang humain est également caractérisé par le facteur Rhésus (Rh) : les globules rouges peuvent avoir un rhésus positif (Rf+) ou négatif (Rh-).

Il existe de nombreux autres marqueurs sur les érythrocytes qui expliquent les difficultés de trouver une poche de sang compatible avec chaque patient. En effet, dès qu’une personne ne possède pas certains antigènes, son système immunitaire développe des anticorps contre ces éléments inconnus. Chaque personne ne peut donc recevoir un autre sang que si ce dernier possède les mêmes antigènes ou s’il n’en possède pas : par exemple, une personne de groupe AB peut recevoir des globules rouges de type A, B, AB ou O tandis qu’une personne de groupe O ne peut recevoir que du sang de type O également.

Malheureusement, les donneurs ne sont pas suffisants pour répondre à la demande, encore moins dans les pays en voie de développement : ces derniers ne possèdent pas toujours les structures et les moyens pour obtenir du sang sain. De plus, le sang ne peut être stocké que 42 jours au frais et seulement quelques heures s’il n’est pas réfrigéré.

La recherche au secours des patients

Différentes solutions alternatives sont étudiées par les chercheurs : certaines équipes essayent de créer des globules rouges artificielles tandis que d’autres veulent créer des cellules « immortelles » pour produire des globules rouges en grande quantité. En 2011, des chercheurs de Paris ont réalisé la première transfusion de globules rouges cultivés en laboratoire chez des volontaires humains. Ces cellules se sont comportées comme des globules rouges normaux et n’ont pas été directement éliminés par l’organisme : environ 50 % d’entre elles circulaient encore dans le sang 26 jours après la transfusion. Lors de cette transfusion, les chercheurs ont injecté 10 milliards de cellules artificielles, mais cela n’équivaut qu’à 2 millilitres de sang, ce qui n’est pas suffisant pour une transfusion (une poche de sang contient 450mL de sang). Le prochain objectif est de produire davantage de sang, mais cette expérience donne déjà de l’espoir pour l’avenir.

Et le futur est probablement déjà là : en 2017, des chercheurs de Bristol ont développé une nouvelle technique pour produire des érythroblastes (cellules productrices d’érythrocytes) “immortels” : ces cellules peuvent être cultivées indéfiniment et sont similaires à celles prélevées dans le corps humain.

Mais ce sang artificiel ne devrait être utilisable que dans quelques années ou plus, et de nombreuses autres expériences seront nécessaires pour vérifier si ce sang n’est pas toxique pour l’Homme. Il est donc toujours primordial de donner son sang !

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