DiO2 – Débora Gallée

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Oh My God ! Des Organismes Génétiquement Modifiés !

Maïs à toxine pour pyrale, raisins sans pépins, soja résistant… Parler d’OGM dans nos plantes fait parfois froid dans le dos.

Mais un OGM, c’est quoi exactement ?

Depuis quelques années maintenant, les généticiens ont accès à la structure de l’ADN des espèces et peuvent ainsi en modifier le code génétique en ajoutant ou modifiant un gène. Ainsi, on peut obtenir des plantes plus résistantes, plus nourrissantes, qui grandissent plus rapidement et augmenter nos productions de nourriture.

Cet article n’a pas pour vocation de dénoncer ou de défendre l’utilisation des OGM en agriculture. Nous parlerons plutôt de la partie immergée des recherches en génétique sur les organismes génétiquement modifiés, notamment dans le domaine de la médecine.

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Les bactéries aussi peuvent être génétiquement modifiées.

L’exemple le plus connu est celui des diabétiques : les personnes atteintes de diabètes doivent régulièrement prendre de l’insuline (par injection) afin de réguler leur taux de glycémie (quantité de sucre dans le sang). Mais comment et où est produite cette insuline ? Normalement dans les cellules du pancréas, mais lorsque le sujet est diabétique, il n’a plus cette précieuse insuline. Escherichia coli à la rescousse ! Cette gentille bactérie de notre intestin, a été modifiée in vitro (c’est-à-dire dans de la verrerie de laboratoire) pour produire des substances médicamenteuses et guérir les malades. Les chercheurs sont parvenus à intégrer le gène humain permettant la production de l’insuline à cette bactérie qui sécrète donc cette précieuse molécule récupérée par la suite et donnée aux malades. Dans le jargon scientifique, lorsqu’un gène est ajouté artificiellement à une bactérie, on dit que l’on « clone un gène » dans une bactérie. Mais les scientifiques n’ont pas l’intention de s’arrêter là :

OMG ! Une bactérie OGM dans mon organisme !

Dans le domaine des biotechnologies, dont le clonage des gènes fait partie, des caractéristiques bactériennes jusqu’alors inconnues sont peu à peu découvertes et étudiées. Notamment celle de l’activation d’un gène dans certaines conditions. Imaginez une bactérie porteuse du gène de production de l’insuline, circulant librement dans l’organisme d’une personne diabétique. Cette bactérie serait en quelque sorte inactive, dormante. Imaginez que lorsque la bactérie est en présence de trop de sucre dans le sang, elle active son gène de production d’insuline afin de neutraliser ce surplus de sucre. Le diabétique ne pouvant plus compter sur les cellules de son pancréas pour lui fournir l’insuline dont il a besoin, la bactérie génétiquement modifiée s’en chargerait automatiquement pour lui, à l’intérieur de son organisme. Cette dernière lui épargne ainsi la gestion de son taux de glycémie, les calculs, les injections d’insuline, etc.

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Au delà du diabète, bien d’autres maladies sont concernées. Jusqu’aux cancers qui pourraient être combattus grâce à des bactéries ou virus inoffensifs pour l’homme en activant un gène de production de substances anti-cancéreuse, localement, juste à côté du cancer.

Même si ces applications ne sont pas prêtes de faire leur apparition sur le marché dans les prochaines années, les possibilités que nous offrent les bactéries et virus génétiquement modifiés sont immenses et sont peut-être la médecine de demain.

Alors le maïs ? C’est un petit joueur à côté de nos bactéries non ?

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