Arcovenator escotae, un nouveau dinosaure français !

Source : http://zookeys.pensoft.net/articles.php?id=4474

Morceau de crâne d’Arcovenator

C’est en 2009 qu’un nouveau dinosaure, l’Arcovenator, a été découvert sur un chantier d’autoroute à Pourrières, dans le Sud de la France. C’est d’ailleurs de la société d’autoroute Escota, qui a participé au financement des fouilles paléontologiques,  qu’il tient son nom spécifique : Arcovenator escotae ! L’équipe de paléontologues du Muséum d’Histoire Naturelle d’Aix-En-Provence a ainsi trouvé des fragments de crâne, de mâchoires et quelques autres ossements appartenant à deux individus d’une même espèce. Thierry Tortosa a étudié les fossiles de ce dinosaure jusqu’ici inconnue et en a déduit de nombreuses et précieuses informations qui ont été publiées en 2013 dans la revue Annales de paléontologie. Le crâne d’Arcovenator escotae a même fait un voyage au synchrotron de Grenoble, afin de mieux comprendre l’anatomie de l’individu et de la famille à laquelle il appartenait.

Qui était Arcovenator escotae ?

Arcovenator escotae vivait au Crétacé supérieur, entre -85 et -70 millions d’années en Provence, un lieu particulièrement riche en fragments fossiles grâce à son ancien fleuve et cours d’eau favorisant la fossilisation. Ce dinosaure théropode était un grand carnivore bipède, mesurant environ 3m de haut et 7m de long. Il était doté de petits bras avec 4 doigts, et surtout d’un crâne massif (dont un morceau fossile a été retrouvé) lui permettant d’attraper efficacement ses proies. D’après Thierry Tortosa, Arcovenator escotae appartiendrait à la famille des Abelisauridae, comme son cousin le plus proche venant de Madagascar, le Majungasaurus. Cette découverte a permis de mieux comprendre l’origine de cette espèce, et la théorie actuelle est qu’il est arrivé en Europe avec la dérive des continents.

Source : http://www.bbc.co.uk/nature/life/Majungasaurus#intro

Représentation de Majungasaurus

Source : http://dustdevil.deviantart.com/art/Arcovenator-escotae-334402085

Représentation d’Arcovenator escotae.

Son mode de vie et son environnement

Source : http://www.museum-aix-en-provence.org/fiche_titanosaure.htm

Représentation de titanosaure

Grâce aux autres espèces découvertes par le Muséum d’Histoire Naturelle d’Aix en Provence, nous sommes en mesure de connaître l’environnement dans lequel évoluait notre nouveau dinosaure. A cette époque,  la Provence ressemblait davantage à une forêt tropicale traversée par un fleuve et de nombreux cours d’eau. Des plantes fossiles de la même époque ont été trouvées dans la région, telles que de grandes fougères arborescentes. Arcovenator escotae devait se nourrir de proies herbivores qui consommaient ces fougères. Parmi ces proies pouvaient se trouver les titanosaures, des dinosaures sauropodes (ndlr « à long cou »), mais aussi des struthiosaures, apparentés aux nodosauridés et aux ankylosaures,

Source : http://www.museum-aix-en-provence.org/fiche_rhabdodon_dinosaure.htm

Représentation de rhabdodon

ornés de plaques d’os défensives, ainsi que des rhabdodons, espèce s’apparentant aux iguanodons. Arcovenator pouvait aussi côtoyer de petits prédateurs, tels que les variraptors.

 

Source : http://dinopedia.wikia.com/wiki/File:Struthiosaurus-Alain-Beneteau.jpg

Représentation de struthiosaure

Source : http://www.futura-sciences.com/planete/photos/paleontologie-dessine-moi-dino-michel-fontaine-680/photos-variraptor-couleurs-4455/

Représentation de variraptor

Etant donné le milieu naturel constitué d’îlots dans lequel toutes ces espèces vivaient, on les soupçonne d’avoir été atteintes de ce que l’on appelle le « nanisme insulaire ». Cela signifie que le fait de vivre sur de petits îlots limitait leur taille. Au contraire, des espèces vivant sur de grandes étendues retrouvées au Canada par exemple, étaient bien plus grandes, comme le célèbre Tyrannosaurus rex.

Arcovenator escotae est donc une nouvelle espèce qui peuplait l’Europe il y a bien longtemps, et qui nous a permis d’en apprendre plus sur la dissémination des espèces d’Abelisauridae sur ce territoire. Il apporte également de nouveaux éléments de compréhension sur l’environnement et sur la paléo-écologie du Crétacé supérieur en Europe.

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